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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 18:39


Une fois encore notre collaboratrice Ysiad vient au secours d’internautes pris dans l’incessant remue-ménage de la vie moderne. Aujourd’hui, elle nous livre une série de fiches pratiques en réponse à la question posée dans le dernier Blogcity, revue d’étoiles :

Comment obtenir un cours gratuit de dépoussiérage ?

 


Ici même. Entrez au café, tirez une chaise, mettez les pieds sous la table et ne faites surtout pas attention au balai qui passe, levez simplement vos semelles, voilà, merci beaucoup. Avec la poussière, il faut toujours commencer par le commencement, parce que si on commence par la fin, la poussière a le temps de se redéposer. C’est comme ça. Ça n’a l’air de rien, la poussière, mais en réalité c’est très sournois. C’est le genre de truc qui passe inaperçu pendant des mois, et qui vous saute aux yeux le dimanche, à l’heure où le rocking-chair vous tend ses confortables petits bras sur la véranda. La poussière ensevelit tout, le temps, les hommes, les siècles, elle est une grande dévoreuse, gardons bien cela à l’esprit.

Première étape.

Il faut d’abord localiser les endroits où la poussière aime se nicher pour former d’immondes petits tas floconneux, que les langues indulgentes appellent des " moutons ". Mais bouh, qu’ils sont laids sous les lits, ces vilains moutons de poussière, et comme ils sont difficiles à choper à main nue ! Ils vous filent entre les doigts comme du sable et vous font transpirer pour rien. D’où l’intérêt de disposer chez soi d’un bon aspirateur en état de marche, le fin du fin étant d’en avoir un à tête chercheuse, ça existe forcément quelque part dans le monde, bougre de flûte. A défaut d’une tête chercheuse, on pourra se rabattre avantageusement sur un bon balai robuste à poils souples, dont le passage pourra être complété par un vigoureux coup de brosse, pour les perfectionnistes qui veulent gratter entre les lattes du parquet, il en reste toujours à cet endroit.

Deuxième étape.

Si l’endroit à dépoussiérer est vraiment très crade (plinthes, placards de cuisine, rebords de glace, chambre d’ado), il est hautement conseillé de se munir d’un masque en papier, comme ça la poussière va sur le papier, et pas dans les narines, il fallait y penser. Si le local n’est pas trop crade, et qu’en somme il s’agit juste d’agiter le plumeau devant la belle-mère pour montrer qu’on a une très haute conscience du ménage, le masque en papier est encore hautement conseillé parce que c’est là, justement, que la poussière en profite pour vous prendre à revers avec son armée invisible, et vous faire crever d’éternuement si elle en a envie, après tout, après le coup que vous lui avez porté avec la brosse, vous pouvez vous attendre à des représailles. Donc méfiez-vous et restez sur vos gardes.

Troisième étape.

Si l’objet est particulièrement délicat à dépoussiérer, par exemple un clavier d’ordinateur où la poussière raffole des interstices pour mieux vous faire la nique, beeeuuurk, c’est vraiment trop immonde, alors n’hésitez plus : achetez une bombe de gaz comprimé, et allez-y franco. Faites-vous plaisir, que diable. Nous vous garantissons l’extase lorsque, du pulvérisateur à long nez s’échappera un jet à haute pression. Oui, l’extase, avec les deux mains collées au corps glacé de la bombe, quand vous pchiterez avec volupté entre les AZERT et les YUIOP, les QSDFG et les HJKLM et puis les WXCVB, et les N ?./§, façon : On achève bien les chevaux. Vous verrez surgir d’entre les touches un épais nuage de résidus pas catholiques et même quelques trombones. Pchitez, pchitez, il n’en restera rien, comme pour les notes de frais de notre ex-président, ça fera un gros Pchiiiiit ! Et tout sera clean, clean, clean, comme au premier jour.

Quatrième étape.

Balancez-vous dans le rocking-chair, et ouvrez un bouquin sans compter les moutons. La poussière reviendra forcément, c’est la loi de ce monde, et personne n’y peut rien.

Ici bas, la poussière est tout, s’il est vrai que tout est poussière, pour plagier Tristan Corbière.

Ysiad

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
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commentaires

ysiad 11/06/2008 13:51

Alors merci à tous pour vos commentaires, Magali il faut un karcher pour déloger le mouton de l'Elysée, Pchit ne suffit pas, il faut un ppprrrrrroufffff. Ce genre-là tu vois, à fond les manettes quoi pour éviter la redéposition. Jean est de retour, super, dis Jean là où t'étais ils sont comment les aspirateurs ? Ils en ont à tête chercheuse ?  EBT. Eh bien tant pis.

Jean 11/06/2008 13:18

Ah ! cette poussière ! J'en ai les fosses nasales qui me chatouille, Ysiad, quand je lis ton texte. Dans le fond, tu n'as qu'à emprunter le monstre de Lola pour t'en débarrasser, Scipion n'y trouvera rien à redire.Bien, m'dame Lastréga, ce poème de Guillaume à sa Lou(loute).Je comprends maintenant pourquoi je suis insomniaque ; je n'ai pas de mouton(s) à compter sous mon lit vu que pour ne pas en avoir, je dors sur le tapis !

Lastrega 07/06/2008 20:55

C'était simplement pour faire un petit clin d'oeil à l'ami "Guillaume" et sa copine "Magali".AWF à rien avoir avec le sujet.

Lastrega 07/06/2008 13:51

"C'est de souffrance et de bontéQue sera faite la beautéPlus parfaite que n'était celleQui venait des proportionsIl neige et je brûle et je trembleJ'ai cueilli ce brin de bruyèreL'automne est morte souviens t'enNous ne nous verrons plus sur terreOdeur du temps brin de bruyèreEt souviens-toi que je t'attends".BL5

M agali 07/06/2008 13:14

Ah voilà que notre sorcière s'habille en bergère comme Marie-Antoinette et pousse le mouton frisé et enrubanné de sa houlette.Et pourquoi pas? Apollinaire disait bien: "Bergère, Tour Eiffel"? 9CC pas terrible comme cylindrée.