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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 10:04


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L’amour peut-il être objet d’estimation ? De devis ? D’évaluation ? Il arrive que l’on en fasse l’inventaire, que l’on se divise sur des arriérés, il arrive aussi qu’en lieu et place d’un retour sur investissement on n’encaisse qu’une mauvaise fortune ou que le placement se déprécie par trop de précipitation… bref s’il arrive que l’amour puisse se marchander, il est capital de ne pas spéculer sur sa seule valeur d’économie familiale ou libidinale.

Dans son petit opuscule, " L’amour est très surestimé ", Brigitte Giraud propose onze récits pour éprouver ce qu’il en est de l’amour en bout de course, de l’amour en suspension, de l’amour entre parenthèses, de l’amour qui jouit du désamour. Onze brèves chroniques pour percevoir la lente dépréciation des promesses et toucher du doigt les pertes d’illusion. Onze nouvelles pour estimer la richesse du couple, jauger les hommages et les offrandes, mesurer la bonté de l’autre, et gérer la fuite temps, les dévaluations, les successions…

Onze échos de l’intérieur pour évoquer l’amour quand les amants ne sont plus que des âmes en peine, quand l’essentiel n’est plus d’atteindre les cents ciels, quand la maladresse devient mauvaise adresse, quand les corps n’ont faim que de mots qui augurent la fin, quand les instants volés sont comptabilisés, que les lettres d’engagements ne sont plus que des attestations de gages…

Et puis on se demande ce que sont devenus ces cœurs chevaleresques bruissant de la seule attente et pourquoi ces larmes d’hier si tendrement versées ne résonnent-elles plus aujourd’hui que comme des alarmes… On se demande aussi pourquoi les histoires devraient finir mal en général et pourquoi l’épilogue s’apparenterait forcément à une mise à mort. Heureusement l’auteure a la délicatesse de ne pas se laisser aller au règlement de compte ou à la désespérance, au contraire elle porte son désir d’amour vers de nouveaux cieux, renvoyant les années hypothéquées dans les coffres-fort des pleure-misère. Porter le deuil certes, mais continuer à être regardée comme une femme à conquérir… c’est ce pari hautement estimable que Brigitte Giraud voudrait faire entendre.

L’amour est très surestimé de Brigitte Giraud aux Editions Stock, 94 pages, 11 €

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans chroniques littéraires
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