Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 12:00

Guerre-et-paix-09.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

La marche

 

Je marche sous le haut soleil sur la terre craquelée. Jusqu'à la montagne bleue, je marche. Je ne sais pas pourquoi je marche.

Ils ont tiré sur mes enfants, sous mon regard, c'est après qu'ils ont pointé du doigt la ligne invisible jusqu'à la montagne bleue et leur geste disait que je devais marcher jusqu'à la montagne bleue, ceinturée par le serpent épais des corps humains morts.

Je marche jusqu'à la montagne bleue. Je ne sais pas pourquoi je marche. A un certain point de la ligne, mon pied a dessiné un pas à l'écart. Un deuxième pas a confirmé cet écart.

Je ne sais pas pourquoi je gis contre la terre craquelée, une balle a frappé ma nuque.

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 15:59

avis-de-recherche.jpg

Concours de nouvelles "Fêtes et défaites"

L'enveloppe contenant les coordonnées de l'auteur(e) de la nouvelle intitulée "R" a été égarée. Cette nouvelle fait partie des 13 sélectionnées pour le recueil et est bien sûr en course pour l'attribution de l'un des cinq prix décernés.

Merci à l'auteur(e) de nous contacter d'ici à dimanche soir 18h. 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Concours de nouvelles 2011
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 15:56

Fetes-defaites-selection.jpg

 

Un grand merci aux auteur(e)s qui ont fêté cette dixième édition et tout particulièrement : 

à ceux qui élargissent l'horizon,

à ceux qui voyagent au coeur de l'orage,

à ceux qui se risquent à briser les miroirs,

à ceux dont les corprs s'embrasent,

à ceux qui font éclore des mots phosphorescents,

à ceux qui toujours s'interrogent sur les bruits du monde,

à ceux qui  se frayent  un passage dans des territoires en ruines,  

à ceux qui dispersent les ténèbres, jouent avec la mémoire, engendrent de nouveaux liens,  

à ceux qui font irruption dans la vie avant que ne tombe le jour,

à ceux qui aiment les nuits étoilées, les fruits de la passion, les coups de théâtre,

à ceux qui savent faire du bien en s'affublant des habits du mal,

à ceux qui osent l'écriture comme lieu de liberté fondamentale.

 

 

Et voici par ordre alphabétique, les nouvelles sélectionnées pour l'édition 2011. A Calipso, nous en sommes maintenant coutumier : c'est  treize nouvelles à la douzaine qui vont être à la fête.

 

Aux chandelles

Balade printanière

Chinoiseries festives

Fleur de béton

La pesanteur et la grâce

Le dernier métro

L'effacement

Le traitre

Les soleils d'Amélie

Quand l'eau de rose vire à l'amer

Quatre joueurs attablés

R.

Une fête pour Mady

 

 

Trouble-fête

Attention ceci n'est pas une blague : l'enveloppe contenant les références de l'auteur(e) de la nouvelle intitulée "R" a été égarée. Nous espérons vivement que l'auteur(e) vienne nous rendre visite au café ou passe sur MDA pour se faire connaître (sous un pseudo bien sûr) d'ici à dimanche soir.   

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Concours de nouvelles 2011
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 14:48

Concours-2011-R1.jpg

Le comité des fêtes entame ses délibérations aujourd'hui à 18h. La partie s'annonce difficile. Bonne nouvelle : de nombreux textes se retrouvent étoilés. Mauvaise nouvelle : de nombreux textes étoilés seront hélas écartés de la  sélection finale.

Les titres des douze textes retenus seront annoncés ici-même jeudi.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Concours de nouvelles 2011
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 08:00

Soldats-copie-1.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Les soldats

 

Ils prennent des lignes blanches
celles qui conduisent derrière les miroirs
leurs yeux se sont brisés aux brèches du temps
y a des raptus qui explosent
dans le camp adverse
ils marchent à l'envers des paysages
ça les repose
les chèvrefeuilles et leur parfum
les étoiles et leur scintillement
ont le goût de pourrissement et de faux serments
à quoi ça sert le néant des grands espaces
ils s'essoufflent dans l'air impur des cimes
les abimes au-dessous flottent à leurs jambes
dans la poussière ils remontent
le lit des rivières asséchées
à la vue de leur file soldatesque
les poissons y poussent des rires acérés
le croassement rauque des corbeaux
emplit le ciel blanc d'ozone
et retombe en écho sur les granits violets
bientôt les balles siffleront
bientôt les bombes claqueront
et leurs dents crisseront
leurs mains trembleront
leur ventre s'étouffera
leur coeur cessera de cogner
la mort prochaine étendra
ses voiles gris sur la plaine
rouge de la vie perdue

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 08:00

Guerre-et-paix-07.jpg

  Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Moïra

 

A l'encre de vos veines, elle trempe sa plume
Elle s'abreuve à vos fatals destins
De demi-dieux démembrés
Elle entrouvre vos lèvres de pandore
Au fond de vos chairs ouvertes, elle fouille
l'espoir ténu de vos jours premiers
De vos fils d'inconscient, elle tend ses toiles arachnéennes
Au coeur de vos labyrinthes, les yeux fermés, elle respire
Le souffle du monstre né des amours transgressées

 

Guerriers,
Ne déposez pas vos armures étincelantes
Elle vous emporterait aux enfers transfigurés
Astre lunaire
Elle s'enroule pour enfanter
Vos nuits insensées
Pour le temps de l'éphémère éternité
Elle couperait vos lignes de vie
Guerriers, fuyez la Moïra.


Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 21:00

folie.jpg

 

Syrie, l'armée pilonne le port de Lattaquié, au moins 24 morts

Ile de Jersey, six personnes tuées à coups de couteau

Grande-Bretagne, toérance zéro et double peine pour les familles des émeutiers

Irak, attentats à l'explosif, 38 morts  

Chine, affrontements entre population et policiers autour d'une usine chimique

Israël, la lutte des classes bat son plein

Norvège, Breivik ramené à Utoya pour reconstituer la tuerie

Algérie, 29 blessés dans un attentat à Tizi Ozou 

France, 74ème soldat français tué en Afghanistan

Libye, Zaouïah sous le feu des snipers

Canada, le lobby du gaz se shiste passe à l'offensive

Afghanistan, multiples attaques suicides contre les bureaux d'un gouverneur, 19 morts

Tunisie, heurts en marge d'une manifestation pacifique

USA, les républicains ont déclaré la guerre à Obama

Brésil, une juge qui combattait la mafia assassinée à Rio

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : calipso expression
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 08:00

Guerre-et-paix-6.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Les trois cents

Ils étaient trois cents dans le défilé
leurs armes étincelaient
Ils étaient trois cents
pas un de plus pas un de moins
La liberté aux seins nus les appellait à l'infini
Ils ont coiffé leur longue chevelure noire
Qu'avaient-ils à redouter dix mille flèches
tous ont tenu leur promesse
retenir les flots, résister
L'idée de sacrifice n'était pas dans leur coeur
Juste mourir et pourrir là dans le défilé
Pour que les peuples ne plient pas à genoux.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 08:00

visite-image.jpg

Une nouvelle noire de Claude Romashov en attendant le ciel bleu... 

La visite

 

Je suis seul chez moi. J’ai ramené la couverture au ras du menton. La télé chauffe et même lui, l’animateur policé commence à m’énerver. D’un coup sec de télécommande, je lui renvoie ses mots doucereux dans la gorge. La cheminée ronfle et pétille de cendres vivaces. Je les ignore. Il gèle depuis des jours et je suis transi. Alors je me réchauffe dans mon antre. Comme je peux.

J’ai préparé un plateau repas avec mes sandwichs préférés mais sans elle, ils n’ont pas le même goût. Rien n’a plus la même saveur depuis son départ. Le temps s’est arrêté et je me suis consumé dans l’attente. L’attente d’un signe de sa part, d’un geste, d’un remord.

L’ampoule du néon vacille. J’ai bien peur qu’il  ne s’éteigne lui aussi. Tout est vieillot dans cette maison, tout est resté en place à la mort de mes parents. Elle me le reprochait souvent.

- Tu ne fais rien pour la rendre agréable, tu ne sais même pas bricoler.

Et pourtant je lui avais aménagé sa pièce. Tapisserie au mur, étagères et moquette de laine épaisse pour ses pauvres pieds qui craignaient le froid. Elle était enchantée au début, la pièce était devenue son bureau puis son refuge quand elle avait décidé de ne plus partager ma couche. Un jour, elle m’avait annoncé.

- Tu sais, j’ai rencontré quelqu’un. Ne sois pas jaloux voyons, ce n’est qu’un ami.

Et puis la voix s’est faite plus aigre.

- Tu ne m’empêcheras pas de voir qui je veux. Estime-toi heureux que je rentre encore à la maison.

Elle rentrait oui, à l’aube.

Je ne posais plus de questions. Devant moi s’ouvrait la béance de mon amour piétiné. Je ne pouvais le croire, pour elle, j’allais tout supporter, ses mensonges, mes silences et mon cœur en morceaux. Elle ne mesurait pas l’immense saccage.

La douleur de la perte s’est inscrite dans mes veines, dans les plis de mon visage. Du jour au lendemain, je n’ai plus supporté les autres, les proches et leur compassion outrée. Je ne voulais plus voir personne…

Le bruit m’a agressé. Je me suis levé d’un bond et discrètement me suis glissé vers la fenêtre. On frappait avec insistance. La voisine ! Qu’est-ce qu’elle me voulait cette fouine. Je n’ai jamais pu l’encadrer.

Ne pas ouvrir, faire le mort. Tu ne vois donc pas idiote, que la maison est figée dans le silence et que le vent ne fait plus claquer les volets. Le chat, à demi sauvage qui venait boire son écuelle de lait au temps du bonheur a disparu, avalé par l’hiver et seuls les démons de la solitude cavalent sous mon crâne. Je n’ai le goût à rien. Je n’ai pas envie de vivre.

Je sais bien qu’un jour, il faudra que je sorte. Après les morsures glacées des frimas, naissent les nouvelles récoltes mais je ne veux pas de soleil tapant sur les vitres, je veux me terrer encore et encore comme un animal blessé.

La voisine est repartie. Ses traces de pas se sont inscrites salement dans la neige. Je suis furieux. Elle a dérangé le tapis isolant de l’hiver.

Je regarde autour de moi, il fait froid malgré le feu crépitant de la cheminée. La vieille table de la cuisine a retrouvé son bois naturel. Elle aussi détestait la toile cirée provençale dont elle la drapait pour lui donner une touche de gaieté. Et ces cadres colorés et ces photos de nous deux affichées. Le mur a souffert quand je les ai arrachées mais la maison a retrouvé son odeur et sa rusticité paysanne. Elle m’est revenue finalement. Comme elle !

Peu de temps après, j’ai encore entendu frapper avec insistance. De nouveau je me suis caché en guettant l’intrus. C’était elle. Mon sang n’a fait qu’un tour et mon cœur s’est mis à danser la sarabande. Il fallait que je garde mon calme. J’y étais résolu mais mes mains tremblaient quand j’ai ouvert.

La prochaine visite sera, j’en suis sûr, moins agréable.

J’ai rangé le désordre puis j’ai regagné mon lit avec elle, tout près à mes côtés. Elle dort profondément, je n’entends pas son souffle. J’ai la télécommande d’une main et l’autre caresse son cou, surtout l’excroissance rouge que la balle à bout portant de mon révolver y a laissée.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : calipso nouvelles
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Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 08:00

Blessure-copie-1.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson  

 

Blessé plusieurs fois

 

Le soldat - Blessé plusieurs fois, H* lui demanda le coup de grâce.
L'auteur - C'est un peu triste ta fin, non ?
Le soldat - Attends, c'est pas fini. Il ne parvint jamais à laisser mourir H*.

L'auteur - Je préfère, et ensuite ?
Le soldat - Eh bien, je ne sais pas. Tu es l'auteur.
Le soldat - Oui mais je manque d'imagination.  Reprenons, on est sur un champ de bataille...
Le soldat - Sur le front d'Orient
L'auteur - Ah bon je croyais que c'était dans les Ardennes. Peu importe. Que se passe-t-il pour un soldat blessé ?
Le soldat - On le porte à l'hôpital militaire.  A* traîne H* jusqu'à l'hôpital de Verria.

L'auteur - Verria ?
Le soldat - Oui ça sonne bien.
L'auteur - Quelles sont les blessures de H* ?
Le soldat - H* a perdu deux doigts, main gauche, par éclats d'obus. Coup de baïonnette à l'aine.
L'auteur - Et le coeur ?
Le soldat - Ça il l'a déjà perdu, plusieurs fois. Aux bordels de la vie.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Avertissement

Les personnages et les situations évoqués dans la série "Les 100 derniers jours" étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. 

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