Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 08:00

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Peut-on imaginer un seul instant qu'Ysiad, enfin parvenue à l'ouest, se satisfasse d'une petite virée en mer et de quelques ablutions en compagnie d'une poignée d'alevins ?

 

Comment vraiment bien foirer à Cuba

 

La péninsule de Guanahacabibes est un endroit du bout du monde, où le slogan crétin qui proclame que « foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux » ne saurait avoir sa place !

A moins de le faire exprès, comment pourrait-on se planter dans un endroit pareil ? En dehors des aigrettes et des crabes qui le peuplent, et de quelques plongeurs professionnels qui passent leur journée à admirer les évolutions des tortues et des poissons ballons, personne ne s’aventure sur ce bout de terre sauvage complètement à l’ouest de l’île de Fidel… A l’exception toutefois de deux gauloises avec palme, masque et tuba, qui veulent elles aussi explorer les récifs, nom d’une étoile de mer !

 

Le premier jour de votre arrivée sur la péninsule, vous vous enquérez de savoir auprès d’Ernesto, le commandant du bateau, s’il serait possible que votre fille et vous montiez à bord avec les plongeurs pour observer les beaux poissons filant entre les beaux coraux et les belles algues aux reflets verts et bleus qui ondoient comme les chevelures des sirènes dans les livres illustrés. Après vous avoir jaugées de pied en cap, Ernesto vous demande si vous savez nager et comme vous hochez la tête dans un bel ensemble pour indiquer que c’est le cas, banco, c’est d’accord, on vous embarque, allez, n’oubliez pas votre équipement de super-grenouille, vous allez en avoir besoin pour observer le monde marin…

 

Le bateau quitte la côte et voilà que vous êtes émue, accoudée au bastingage, car enfin, rien ne vient troubler à vos yeux ébahis le spectacle émouvant d’une côte vierge. Pas un immeuble. Pas une maison. Pas une âme. Et pas un bureau de tabac. Seuls quelques palmiers, entre le bleu du ciel et celui de la mer. Vous êtes bien, si bien que vous goûtez l’instant en rappelant à vous des vers anciens que vous récitiez naguère, dos au tableau, et qui renforcent l’extraordinaire sensation d’isolement sauvage qu’il vous est donné d’éprouver. Cependant la réalité vous rappelle à l’ordre, le bateau s’arrête et laisse filer son ancre, les plongeurs se préparent à plonger, on distribue les bouteilles d’oxygène ; il est temps d’enfiler palmes et masque et d’emboucher votre tuba. A peine avez-vous le temps d’entendre : Cuidado a los tiburones ! que vous avez déjà sauté dans l’eau, et comme votre espagnol remonte aux années où vous portiez des couettes, le mot de « tiburon » résonne à votre esprit comme une délicieuse marque de nougat.

 

A chaque fois que votre fille aperçoit un poisson, elle vous le montre en pointant son doigt entre les récifs. Comme ils sont gracieux, ces poissons aux longues nageoires, comme ils sont chatoyants, ces poissons arc-en ciel et comme ils sont mignons, ces petits poissons ronds ! On dirait des gommettes ! Ah mes agneaux comme elle est belle, la faune marine, et comme il est trognon, ce gros dauphin gris profilé comme une fusée, qui passe un peu plus loin comme un vaisseau tranquille ! Votre fille, qui l’a vu aussi, n’est pas de cet avis ; elle vous pince le gras du bras, s’agite, et ses yeux écarquillés derrière le verre du masque expriment tant d’effroi que vous ne pouvez rien faire d’autre que lui emboiter la palme. Direction le bateau à grands battements de pieds, de votre vie entière jamais vous n’avez nagé aussi vite. Ernesto récupère à son bord une grenouille pantelante, une deuxième, et c’est à peine si vous sentez, de retour sur le ponton, encore toute à votre frayeur, le chariot des bouteilles d’oxygène qui vous écrabouille le pied. Quand on s’appelle Ysiad, on attend le moment où l’on vous bande la cheville à l’infirmerie pour réaliser qu’au fond, on s’en tire bien, on aurait pu servir de casse-croûte au requin.

 

La suite au prochain numéro (faut pas abuser des bonnes choses)

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Comment bien foirer...
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 08:00

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Heureusement qu'elle a la pêche Ysiad et qu'elle ne reste pas comme deux ronds de flan à attendre la fin des haricots...

 

Comment vraiment bien foirer à Cuba (2)

 

 

Le lendemain du faux départ, en mettant un pied hors de l’hôtel IBIS, il y a un crachin de fin novembre alors que nous sommes presque au cœur du mois d’août mais bon, la navette est à l’heure pour vous conduire jusqu’à l’aéroport, sautez vite dedans avec les cent-vingt-huit autres passagers, poussez pas comme ça, y en a une autre qui arrive. A l’aéroport, c’est la cohue, les gens se bousculent comme si leur vie était en jeu, le p’tit nerveux de la veille est là et menace toujours d’appeler les flics si l’avion ne décolle pas à dix heures, voy a llamar a la policia ! et lorsqu’on annonce au micro que le décollage est justement retardé car la cabine n’est pas prête, le nerveux se met à lancer de telles injures dans la langue de Cervantes (en plus moderne) au personnel au sol qu’il faudra l’évacuer avant d’embarquer, arriba !

 

En arrivant à l’aéroport de la Havane, il fait une chaleur tropicale. Rien à voir avec la bruine de ce matin et mon dieu que c’est bon, cette chaleur, que c’est agréable sur le visage alors que le paysage défile par la vitre, et comme l’hôtel est bien situé dans le vieux quartier !

 

Oye como va mi ritmo

Bueno pa gozar mulata…

 

Oye, comme la Plaza de la Catedral est belle avec l’air de Santana sur lequel improvise un groupe de musiciens en agitant des maracas ! Oye, comme les danseurs créoles dansent bien le cha-cha-cha ! Oye, comme la paella est divine après l’immonde tambouille qu’on a osé vous servir dans l’avion ! Oye, comme la nuit est belle dans Habana Vieja, et comme tout peut être entrepris quand les vacances sont là ! Allez ! La possibilité d’une île n’a jamais été si proche, partez en excursion pour Cayo Levisa !...

 

Le soleil est déjà haut sur le bateau s’en allant rejoindre le cayo qui ressemble aux cartes postales où il n’existe pas de frontière entre l’eau et le ciel. Vous voilà sur une très belle plage où circulent quelques touristes et autant d’oiseaux picoreurs de miettes, que les locaux appellent des « totis ». C’est après le repas sommaire avalé sous une paillotte par 35°C à l’ombre que les choses vont commencer à se gâter un peu, puis beaucoup plus sérieusement ensuite. Vous commencez à sentir dans le bide des trucs bizarres qui vous dévorent (peut-être des enzymes gloutons ?), la tête vous tourne, quelque chose ne passe pas et dans l’eau ça empire encore, et ça continue d’empirer sur le bateau très lent qui vous reconduit au rivage, jusqu’à ce que dans le car vous vous mettiez à baver et râler comme après une bonne prise d’arsenic. Voilà, c’est la fin du voyage, pensez-vous entre deux morsures, vous allez mourir sur la route qui mène à Vinales et il faudra plusieurs arrêts intempestifs au milieu des bananiers pour que ces salopiauds d’enzymes gloutons veuillent bien céder un peu de terrain. Et c’est pas fini ! Votre fille qui vous a vue un peu plus tôt en train de crever a avalé exactement le même repas, sans doute le fromage était-il avarié ou les patatas fritas pas fraîches, et c’est seulement aux alentours de vingt-deux heures que les enzymes gloutons se jetteront comme des sauvages sur son système digestif et qu’il faudra attendre l’aube pour que l’on puisse enfin envisager de sortir de la salle de bain sans risquer d’y retourner en courant. Cette trêve tombe à merveille : le jour se lève sur les mogotes, dépêchez-vous un peu, le car va partir pour la péninsule de Guanahacabibes…

 

La suite au prochain numéro (faut pas abuser des bonnes choses)

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Comment bien foirer...
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 08:00

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Une série proposée par Corinne Jeanson 

 

Hacer la luna

 

Cette nuit j'irai braconner
à la dure en douce
je dégrafe ma chemise
je traverse la rivière
Sur le sable de la berge
les grillons entament leur chant d'appel
dans la clairière je me tapis
les buissons me harcèlent
les ombres lunaires me cachent à demi
à demi seulement
la vieille lune souffle un nuage furtif
Je fais la lune
J'attends mon maître

 

Je le sens
son piétinement résonne à ma poitrine
son souffle embrume la trouée
ses flancs de cuir se campent
soudain son œil se profile
il a saisi ma présence
à demi seulement
je quitte mes buissons
je me dresse à demi-nu
pour le défier
à demi-bête, à demi-dieu

 

La tête basse,
il me brave
le combat sera rude
il est de caste
j'attends sa charge
je l'appelle
il piétine
je déploie ma cape
je vise son point de croix
mais pas trop vite
je serai insolent
il sera instinctif
j'éviterai son coup de corne
il n'évitera pas la bataille
première passe
je me déhanche à son passage

 

Il charge de nouveau
j'emprunte à Rodolfo sa passe de cape
passe élégante
de la main gauche, passe naturelle
je ploie et tournoie
il frotte sa gueule en salive
à mon torse en sueur
il râle,
olé

 

Il rue en un tour de piste
il enrage à l'autre bout
et s'élance
je suis face à lui, immobile,
je garde les pieds joints,
j'écarte les bras
je rythme mon geste à sa charge
pour l'estocade
je dresse mon aiguillon
mon corps se courbe à son passage
de son oeil piqué jaillit un jet de sang
en prière, comme au temple,
je m'agenouille,
il m'a jeté un sort.

Au dernier acte le taureau joue avec mon ardeur
pour apprivoiser nos terreurs.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 09:07

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Après avoir passé vingt ans dans le "couloir de la mort", Troy Davis a été excuté aux Etats-Unis ce matin à cinq heures. Il aura clamé son innocence jusqu'au bout...

 

Le dernier jour d'un condamné

Victor Hugo 1829

 

Premier chapitre

 

Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un

autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination.

Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés,

seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot, m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : – Ah ! ce n’est qu’un rêve ! – Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entr’ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille : – Condamné à mort !

 

 

Dernier chapitre

 

Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m’a répondu, en souriant fatalement, si c’est là tout ce que j’avais à lui dire.

– Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore !

Qui sait ? elle viendra peut-être ! Cela est si horrible, à mon âge, de mourir ainsi ! Des grâces qui arrivent au dernier moment, on l’a vu souvent. Et à qui fera-t-on grâce, monsieur, si ce n’est à moi ?

Cet exécrable bourreau ! il s’est approché du juge pour lui dire que l’exécution devait être faite à une certaine heure, que cette heure approchait, qu’il était responsable, que d’ailleurs il pleut et que cela risque de se rouiller.

– Eh, par pitié ! une minute pour attendre ma grâce ! ou je me défends, je mords !

Le juge et le bourreau sont sortis. Je suis seul. – Seul avec deux gendarmes.

Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène ! – Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?… Il est impossible qu’on ne me fasse pas grâce !

Ah ! les misérables ! il me semble qu’on monte l’escalier…

QUATRE HEURES.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : calipso expression
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 09:49

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Elle ne rêvait pas spécialement de barboter dans la Baie des Cochons - zone marécageuse - mais au moins elle serait arrivée à bon port...

Fidèle à sa réputation, Ysiad nous instruit une nouvelle fois sur sa capacité à jouer les Cassandre.

 

 

Comment vraiment bien foirer à Cuba

 

 

Aujourd’hui, confuse d’avoir été prise en flagrant délit d’édulcoration de la vérité, et toujours fidèle au jingle en dix mots qui chante que «foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux », vous avez décidé d’écrire trois lignes sur tout ce qu’il vous est arrivé pour de vrai durant votre voyage, sans jamais oser l’avouer au lecteur.

 

 

Ah comme la déception du premier jour vous revient en mémoire alors que vous démarrez cette foirade, et comme les jolis palmiers de Cuba s’éloignent dans les bruits effrayants qui proviennent de la soute à bagages, rrrouum, rrrooum, crrrrrik, crrrrrik, kruuuuuk, et qui vous empêchent d’entendre les propos du commandant de bord incitant les 436 passagers à un peu de patience, quoi… Pourquoi les commandants de bord se croient-ils obligés d’édulcorer eux aussi la vérité, alors qu’ils savent parfaitement que le putain de moteur de fermeture des soutes à bagages de c’t’avion d’merde est en panne ? Or, cher lecteur, une panne de moteur de fermeture des soutes, c’est assez grave. Et même très. Ça entraîne, voyez-vous, (à supposer que le commandant de bord n’en fasse qu’à sa tête et décide de décoller quand même, oh, et puis flûte, quoi !), une décompression totale de l’appareil en vol, nous vous laissons imaginer la suite, sachant qu’Ysiad et sa fille se trouvent dans l’avion, il est franchement utopique de croire que ça pourrait se terminer bien. Bon. Donc au bout de deux heures et demie d’attente pour que dalle, tout le monde évacue l’appareil, et plus vite que ça, allez, du nerf, vous n’êtes pas au bout de vos peines, vous pouvez bien attendre encore quelques heures ! Aller à Cuba, ça se mérite, bande d’idiots ! Qu’est ce que vous croyez ! Et vous voilà à nouveau porte C89, dans l’attente utopique d’un autre Boeing qui devrait bientôt décoller, vous fait-on croire en vous disant qu’il y a tout de même un petit problème de « fueling »… Et même un gros, un très gros problème de « fueling » puisque lorsque sonnent dix-sept heures, on vous apprend que vous ne partez plus. Ben non. Que le vol, il est reporté au lendemain. Ben ouais. Que les bagages, ils restent dans la soute, manquerait plus qu’on se trimballe tout à nouveau, qu’il va falloir calmer le p’tit nerveux qui menace d’appeler la police et prendre son tour dans la file d’attente pour des bons d’échange à la sandwicherie (attention, pas de vin, hein, la place en éco ne vous autorise PAS à un verre de vin en cas d’annulation de vol, espèce de poivrote) et puis à l’hôtel IBIS. Ah ça c’est trop chouette. Cela fait si longtemps que vous rêvez de passer une nuit à l’hôtel IBIS, que vraiment, un gros merci, Air France. Donc direction l’hôtel IBIS sous une pluie battante avec le troupeau des classes éco. Allez. Marchez et puis souriez, hein ! Vous n’avez pas de pyjama et pas de quoi vous laver les dents ? Z’allez pas en mourir. Z’avez qu’à demander à l’Etap Hôtel, ils peuvent vous dépanner. Et heureusement que votre fille est là, pour courir tel Achille aux pieds légers vers l’hôtel qui possède encore des kits de brosse à dents pour avoir une bonne haleine quand il fera jour demain. Allez, on dort. On prévient quand même l’agence de voyage du « p’tit souci », pour parler d’jeune, et on fait dodo. Un bon gros dodo en oubliant la jolie nuit d’hôtel qu’on aurait dû passer à la Havane. On est à l’hôtel IBIS, qu’on s’le dise…

 

La suite au prochain numéro (faut pas abuser des bonnes choses)

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Comment bien foirer...
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 17:00

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  Une série proposée par Corinne Jeanson

 

La complainte

Entends, ma fille, la complainte
s'élever de la plaine
jusqu'aux nuages accrochés
à la ligne grise des monts

ils ont sonné les trompettes
ils ont résonné les tambours
dans les clairières
poussent des pieds rouges

Entends, ma fille, la complainte
s'élever des hameaux
jusqu'aux cheminées tordues
sur les toits livides

la liberté est la mort
elle accroche aux falaises
tous ses fils en jupettes
partis pour la guerre

Entends, ma fille, la complainte
s'élever de la plaine
les peupliers s'agitent
au vent de la mort

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 09:00

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 Photo Julie Boillot

Ce n'est pas parce que la dixième édition du concours de nouvelles Calipso fait un tabac qu'il nous faut oublier celles et ceux qui, avec une belle obstination, s'emmêlent les pinceaux, manquent le coche, gâchent leurs chances, perdent les pédales, bref, qui savent parfaitement échouer en toutes circonstances...

Saluons le retour d'Ysiad dans :

Comment bien foirer à Cuba

 

 

Aujourd’hui, voyant que le soleil brille et qu’il est un peu tôt pour commencer d’hiberner, nous renouons en passant avec le slogan qui veut que « foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux », pour vous parler de Cuba, une île en forme de crocodile située en mer des Caraïbes, que Christophe Colomb a atteint, vous ne l’ignorez point, en l’an 1492, persuadé qu’il avait découvert les Indes, le petit nigaud. Colomb était un excellent navigateur mais un piètre cartographe, vous ne l’ignorez point non plus. Il était aussi un très habile menteur auprès des rois d’Espagne, car, contrairement à ce qu’il leur fit miroiter, afin qu’ils eussent l’obligeance d’abouler la somme nécessaire pour permettre à ses caravelles de cingler de nouveau vers les mers chaudes, il n’y avait pas beaucoup d’or à Cuba, seulement de tranquilles Taïnos qui, le soir venu, fumaient déjà leur tabac parfumé, entre deux gorgées bien dosées en alcool de manioc.

 

En mettant un pied sur la plus grande île des Caraïbes, accompagnée d’une solide escorte en la personne de votre fille vaillante et dynamique, vous vous êtes, une fois de plus, mise à l’épreuve sans le savoir. Inconsciente que vous êtes ! Car enfin, il n’est pas bien malin de s’aventurer en terre de tabac, alors que vous vous êtes arrêtée de fumer voilà huit mois. Vous souffrez, cela est indéniable, tout le monde s’en fout complètement, et cela vous agace encore plus, ro-gneu gneu. Les efforts que vous déployez pour vous sevrer définitivement du poison vous conduisent à faire durant la nuit des rêves compensatoires complètement délirants, où Satan, déguisé en Steve Mc Queen, s’amuse à vous faire fumer vos clopes par les oreilles, histoire de distraire le manque épouvantable que vous ressentez durant la journée, surtout lorsqu’il vous prend l’envie d’écrire, et que vous ne pouvez plus compter sur le secours de la nicotine, seule substance capable de faire jaillir de votre cerveau quinquagénaire tant soit peu d’inspiration, re ro-gneu gneu. Autrefois, faites un peu effort de mémoire, il vous était impossible d’endurer une matinée de burlingue sans descendre au moins une fois au bas de l’immeuble vous ébrouer en compagnie du poison que vous teniez entre l’index et le majeur comme un anecdotique accessoire ; aujourd’hui, vous n’avez plus le droit de vous accorder cette récré, sous peine de voir vos bronches réduites à l’épaisseur des feuilles dont on fait les cigares, - au passage, le lecteur clément remarquera l’habile transition, pour revenir à l’île qui nous occupe.

Donc vous ne fumez plus, vous ne supportez plus qu’on fume autour de vous, cela vous énerve et vous fait même claquer des dents. Au fil des jours de privation sacrificielle, vous êtes devenu cet être teigneux et vaguement paranoïaque qui ne tousse plus mais grogne dès qu’il renifle la moindre odeur affriolante lui rappelant l’époque bénie de son existence où la douloureuse réalité n’apparaissait qu’atténuée derrière un nuage bleuté. Bon, fini de digresser, revenons dare-dare à Cuba, zou, et puis tout ce que vous souhaitez, en foulant la terre des barbus révolutionnaires qui ont fait la gloire de leur pays et ont contribué à lui donner sa force, c’est respirer le bon air des Caraïbes, nom d’une étincelle.

Dans cette optique, votre fille vous emmène cracher vos poumons des heures durant dans la campagne (c’est pour ton bien, M’man !), du côté de la Sierra de los Organos, où la terre, rendue boueuse après une petite pluie tropicale, est du rouge dont on fait les plus belles révolutions. Qu’elle est belle, cette terre, mon dieu mais qu’elle est belle ! Vous n’en avez jamais vue de semblable. Au terme d’une marche de quatre heures derrière le guide Ernesto au milieu des champs de tabac et d’ananas, de manioc et de maïs d’été, vous atterrissez chez un autre Ernesto, qui vous propose un jus de papaye (fraichement pressé par Ernesto junior), accompagné d’un bon cigare (roulé soigneusement par Ernesto senior), qu’il allume sous votre nez et vous tend gentiment en vous soufflant la fumée au visage, afin que vous puissiez pleinement profiter de la puissante et généreuse odeur du puro cubano hecho a mano dans des fabriques toutes proches, que vous pouvez visiter à l’heure qui vous chante, et où vous pouvez acheter tout le tabac que vous voudrez et même du russe pour un prix extrêmement modique, il vous le confirme. Ahhh. Grrrr.

 

Mais qu’avez-vous fait pour mériter pareil châtiment durant les vacances ? Vous toussez, pâlissez. Vous voyant claquer des dents, votre fille vous saisit la main. Tiens l’coup, M’man ! Vous avez soudain tellement envie de mordre quelqu’un qu’il vous faut vous asseoir sous le bougainvillée. No fumo mas, dites-vous d’une voix mortifiée. Les Ernesto n’en croient pas leurs oreilles. Comment peut-on ne plus fumer ? C’est une blague ! Un cigarillo ? propose le deuxième Ernesto en vous mettant sous le nez un paquet de blondes, qui glissent en même temps de leur enveloppe. No, gracias, sifflez-vous, tout en vous éventant nerveusement avec le journal, la tête haute et le regard ailleurs. Seguro ? insiste-t-il en vous tendant un briquet. Si, seguro, achevez-vous à moitié crucifiée, sous l’œil attentif de votre fille. Allons, tout va merveilleusement bien, pensez-vous en vous tenant à bonne distance du groupe qui s’est mis à fumer. La balade est juste un peu foirée, avec toute cette fumée.

 

Et n’allez pas croire que vous êtes au bout de vos peines ! Il vous faudra vous accoutumer à l’odeur du Havane, lorsque vous passerez devant les maisons colorées des pueblos, les cubains ne rechignant pas à allumer, le soir venu, un bon « puro », et même deux, tout en se balançant sur leur fauteuil à bascule. Et les femmes ne sont pas les dernières à goûter au tabac ! A croire que les histoires sur le pas des portes ne s’échangent qu’avec un Corona entre les doigts… L’île de Cuba n’est qu’un immense fumoir à ciel ouvert, il faut vous y faire. De même que les villages de France possèdent leur boulangerie, les villes cubaines sont dotées d’une « casa de tabaco » bien achalandée, dont la fraîcheur accueillante inciterait au détour, s’il n’y avait votre fille pour vous remettre dans le droit chemin…

 

Quant aux touristes européens, on dirait qu’ils prennent leur revanche sur les directives de Bruxelles en clopant plein gaz dans les bars de la Havane. En terre de Fidel, si la liste des interdits est longue, nulle loi n’empêche le citoyen de fumer comme il le veut, tel cet homme aperçu à Trinidad, le mégot entre les lèvres, son poulet perché sur la tête, ou cet autre, assis derrière un bureau d’écolier, qui disparaît derrière un cumulus gris cendre, un verre de Cachanchara à la main (eau de vie, miel, glace, citron vert, un zeste d’eau et baste). Vous passez à côté de lui en ouvrant grand vos narines, mais déjà votre fille vous tire par la manche, elle a bien observé votre petit manège. On ne fume pas par procuration, tu le sais. S’il n’y avait que ça ! A chaque fois que vous passez devant la vitrine d’une librairie, le Che en profite pour vous décocher un sourire insolent en noir et blanc, cigare entre les dents, comme s’il vous disait : « solo vencen los que luchan y resisten ! »…

 

Lutter, résister : c’est tout ce qu’il vous reste à faire, pensez-vous en achetant au duty free des cigares que l’on vous a commandé. Ô, torture…

 

… Mais si par miracle, au moment de franchir la douane française, un douanier vous arrête, ouvre la valise et confisque les Havane destinés à l’entourage, alors seulement, vous pourrez considérer votre petit séjour cubain comme bien foiré !

  

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Comment bien foirer...
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 08:00

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Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Exode

As-tu bien refermé la porte
Ne laisse pas la petite prendre froid
Il y a tant de monde sur les routes
Nous devons partir nous aussi
Pour quel pays, pour quelle contrée ?
J'ai peur, donne la main à la petite.
L'exode dans mon coeur
Est plus lourd que les routes
A parcourir
Plus lourd que les ponts
A franchir
Toutes ces collines, tous ces fleuves
Qui nous séparent de nous
A l'infini de nos vies.

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Guerre et paix
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 17:30

Pistes-etoiles.jpg

 

Le partage est le lieu de toutes les inventions.

Comme pour les précédentes  éditions, nous proposons aux auteurs "étoilés" lors de la première sélection de les retrouver au café, histoire de ne pas limiter au seul recueil les multiples figures de la fête qui se sont exprimées à l'occasion du concours.

"Il y a eu, cette année, vraiment de très beaux textes, les primés, bien sûr mais aussi les étoilés qui restent dans l'ombre mais qui nous ont permis de passer de bien bons moments de lecture ... " Laurence Marconi (jurée)

 

par ordre alphabétique :

Avoir ou être, Arlette Lameyre (Paris)

Fête en Berry, Pierre Thomas (Hautes-Alpes)

Fête en famille, Françoise Bouchet (Mayenne)

Jeanne, Pascale Corde Fayolle, (Haute-Savoie)

Jour de noces, Sophie Etienbled (Seine-Maritime)

Une grande occasion, Jean-Paul Lamy (Calvados)

La cambuse, Evelyne Hirrien (Hauts-de-Seine)

La menotte, Max Clanet (Bouches-du-Rhône)

La nappe rouge, Jacqueline Dewerdt-Ogil (Pas-de-Calais)

L'année du chien, Joël Hamm (Saône-et-Loire)

La reine de la fête, Désirée Boillot (Paris)

La reine des soupes, Monique Coudert (Yvelines)

Ma fille m'a changée, Vanessa Sebert (Calvados)

Place Victor Hugo, Claude Bachelier (Isère)

Quand la coupe est pleine, Martine Ferachou (Haute-Vienne)

Repas de fête, Roland Goeller (Gironde)

Ruines, Christine Lamy (Calvados)

Une fête de trop, Christian jacques (Hauts-de-Seine)

Une réussite inattendue, Agathe Costes (Hérault)

Un mariage réussi, Jean-Claude Méresse (Nord)

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Concours de nouvelles 2011
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 08:00

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1 - Quatre joueurs attablés, Alain Emery (Côtes d'Armor)

2 - R. (...........? )

3 - Une fête pour Mady, Yvonne Le Meur-Rollet (Côtes d'Armor)

4 - Le dernier métro,  Jean-Marie Palach  (Val-de-Marne) 

5 - Le traitre, Lucie Desaubliaux (Charente)  

6 - L'effacement, Elisabeth Pacchiano (Isère)  

7 - Balade printanière, Jean Gualbert (Belgique)

8 - Aux chandelles, Sophie Boichat Lora (Paris)

9 - Quand l'eau de rose vire à l'amer, Danielle Akakpo, (Loire)

9 - Fleur de béton, Sandra C. Ilas, (Nord)

11 - Chinoiseries festives, Dominique Guérin, (Indre-et-Loire)

12 - La pesanteur et la grâce, Jérôme Gariel (Essonne)

13 - Les soleils d'Amélie,Marie-Chantal Visetti (Hauts-de-Seine)  

Pour l'auteur(e) de la nouvelle intitulée "R." l'avis de recherche est toujours d'actualité.

Je rappelle que tous les auteurs sélectionnés peuvent choisir le livre de leur choix dans le catalogue des Editions Quadrature. Merci d'envoyer à Calipso le titre choisi et l'adresse à laquelle l'envoyer.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : Concours de nouvelles 2011
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Calipso et les auteurs, textes et photos

Avertissement

Les personnages et les situations évoqués dans la série "Les 100 derniers jours" étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. 

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